Fouesnant Mousterlin

Amis promeneurs, vous voici devant un monument érigé en mémoire du sacrifice de 17 jeunes patriotes tombés pour la liberté les 15 mai et 23 juillet 1944.

Ne les oubliez pas !

Ces jeunes résistants, (douze d'entre eux avaient entre 19 et 23 ans), ont fait preuve d'un grand courage. Malgré les mauvais traitements reçus à la prison Staint-Charles de Quimper, ils gardèrent le silence, protégeant leurs camarades d'une arrestation certaine.

Condamnés à mort par le tribunal militaire de l'occupant, pour actes de francs-ti­reurs, ils furent conduits en ce lieu, pour être fusillés puis enterrés sous ces dunes dans une ancienne tranchée de défense allemande.

Ils appartenaient à différentes structures clandestines établies le long des écluses de l'Aulne, entre Châteauneuf-du-Faou et l'abbaye de Landévennec, secteurs propices aux caches discrètes et sûres, ainsi qu'au réseau du docteur Pierre Ni­colas actif dans la région de Concarneau / Fouesnant.

Ces martyrs appartenaient à quatre réseaux de la Résistance :

- Le mouvement Vengeance du Faou (6 fusillés 15 mai 1944).

- Le groupe Abalain FTP (francs-tireurs partisans) de Quimerc'h (2 fusillés 15 mai 1944).

- Le maquis de Pen-Ar-Pont Beuzit Keraliou (7 fusillés 15 mai 1944).

- Le réseau du docteur Pierre Nicolas au manoir du Moros / Keroulin Lesnevard (1 fusillé 23 juillet 1944).

- Le 17e fusillé enterré dans les dunes de Mousterlin, n'a pu être identifié avec certitude.

Qui étaient ces fusillés ?

- En majorité des jeunes réfractaires au STO (service du travail obligatoire en Allemagne, par classe d'âge), ayant choisi de rejoindre un réseau de Résistance.

- Des résistants volontaires et engagés.

- Des prisonniers belges évadés du camp brestois de TODT.

- Des évadés russes des unité allemandes.

Quelles étaient les missions de ces différents groupes de résistance ? :

Elles étaient principalement axées sur :

- L'aide aux aviateurs anglais et américains abattus pour rejoindre l'Angleterre.

- La recherche de caches pour les prisonniers évadés du camp TODT de Brest.

- La récupération de matériel, armes et explosifs, largués par des avions anglais, puis leur stockage dans des caches appropriées comme au château de Keronec (Finistère Rosnoën) propriété de Jean Brosset de la Chaux.

- Le sabotage des lignes téléphoniques et voies ferrées…

- Le sauvetage des résistants emprisonnés à la prison de Mesgloaguen et celle de St Charles à Quimper.

- La destruction de 44.000 dossiers de jeunes requis au STO de Quimper, réalisée 14 janvier 1944 par 12 résistants, a permis de soustraire beaucoup de finistériens au travail obligatoire.

Où se situaient ces réseaux de Résistance ? :

- Le long de l'Aulne où différentes caches ont pu se répartir depuis l'abbaye de Landévennec à Châteauneuf-du-Faou, bénéficiant de la protection et de l'alimentation par des habitants locaux.

- Le long de la rivière du Moros et à Lesnevar (entre Concarneau et Fouesnant).

Les actions de ces résistants ont largement contribué à la libération de notre Pays, la France. Répondant à l'appel à l'insurrection générale du 3 août 1944 en Bretagne, les Forces françaises de l'intérieur (FFI) libèrent le Finistère, aux côtés des Alliés, le 20 septembre 1944. Les dix-sept fusillés de Mousterlin sont les Combattants de cette Libération qu'ils n'ont pas eu le bonheur de pouvoir vivre.

LE RESEAU VENGEANCE DU FAOU

Le réseau Turma-Vengeance, a été créé en janvier 1941, à Paris, par les docteurs Victor Dupont, Raymond Chanel et François Wetterwald. Avec plus de 30 000 membres répertoriés en France, le réseau Vengeance fut l'un des tout pre­miers et plus important mouvement de résistance. Ce réseau comprenait 3 branches : renseignement, organisation des évasions vers l'Angleterre et réalisation d'actions de combat et de sabotage. Le réseau Vengeance s'implante en 1943 dans le Finistère. En février 1944, il participe activement à la création du groupement FFI dans le sud-Finistère dont ceux de Quimper et de Douarnenez, ainsi que les maquis du Bot à Quimerc'h et de Rosporden.

Henri Arnal, Max Dubois, Maurice Guillou, François Louis Kerhoas dit P'tit Louis, Joseph Le Velly, ainsi que le comte Jean Brosset de La Chaux, de Rosnoën ont été jugés, condamnés à mort par le tribunal militaire allemand FK 752 de Quimper le 15 mai 1944, puis fusillés le jour même à quelques mètres d'ici.

Appartenant au réseau de résistance Vengeance, fortement implanté dans le Finistère, notamment à partir de 1943, ils effectuaient un important travail de renseignement et ont saboté la voie ferrée à Quimerc'h. Dans la nuit du 4 au 5 février 1944, le premier parachutage d'armes et de munitions du Finistère fut enclenché suite à la radiodiffusion du code « Michel a perdu son chat ». C'est le groupe Vengeance qui fut chargé de réceptionner, cacher et distribuer cinq tonnes de matériel dont des armes, des explosifs et deux postes radio. Ceci permit d'alimenter la Résistance en Nord-Finistère. L'opération fut un succès. Les 5 tonnes d'armes furent entreposées au château de Keronnec, en Rosnoën (Finistère), chez le Comte Jean Brosset de la Chaux, et ne furent jamais découvertes, car elles avaient déjà quitté l'endroit au moment des arrestations.

Le 25 avril 1944, Le Kommando I.C 343 de Landerneau, sous les ordres du SIPO/SD de Rennes, (SIPO/SD : police de sûreté d'État et services de sécurité du parti nazi), chargé de la répression et de la surveillance en Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale, très bien renseigné, opère à l'arrestation des cinq jeunes Faouistes et du comte Jean Brosset de la Chaux, chez qui les armes avaient été cachées.

Les résistants arrêtés furent internés aux prisons de Pontaniou à Brest puis à Quimper à Saint Charles. Ayant été informés qu'ils étaient condamnés à mort, des résistants FTP programmèrent une attaque contre la prison le 3 mai 1944 pour tenter de les libérer. Mais la tentative d'évasion échoua.

Tous les prisonniers furent jugés et exécutés le 15 mai 1944. Un témoin rapporta qu'ils chantaient la Marseillaise avant de mourir. Leurs corps, ensevelis sous les dunes de Mousterlin, ne seront retrouvés qu'en septembre. Les obsèques des Faouistes furent célébrées à l'église du Faou, le 11 septembre 1944.

BIOGRAPHIE DES FUSILLÉS

ARNAL Henri

Henri, Justin, Auguste Arnal est né le 13 juin 1920 à Béziers (Hérault), fils de Pierre Ar­nal, mécanicien, et de Berthe Bérlou. Henri Arnal s'était marié le 24 août 1942 au Faou (Finistère) avec Odette Guedes. Il habitait et travaillait au Faou où il était mécanicien dans le garage de son père. Henri était père d'un petit enfant d'un an, Jean-Pierre.

Réfractaire au service du travail obligatoire (STO), Henri s'était engagé dans le mou­vement de résistance Vengeance et du groupe Quand-Même depuis le 28 septembre 1943. Il était membre de l'équipe de réception des parachutages. Il fut arrêté le 26 avril 1944 au Faou par le Kommando de Landerneau.

Reconnu Mort pour la France, il fut homologué, à titre posthume, sous-lieutenant des Forces françaises combattantes (FFC), FFI au titre du groupe Quand-Même et du ba­taillon René Caro, interné résistant (DIR). Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur, décoré de la Croix de Guerre avec étoile de vermeil ainsi que de la médaille de la Résistance.

Sources : site MAITRON (Jean-Pierre Besse, Biger Brewalan, René-Pierre Sudre) - Docs Renan Clorennec – Docs Doc de son fils Jean-Pierre Arnal 


DUBOIS Maxime

Maxime, Louis, Paul Dubois est né le 14 septembre 1921 au Faou, fils unique d'Auguste Du­bois, constructeur de machines, et de Paule Clarisse Fitament. Célibataire, il était étudiant et travaillait comme garde-voies au Faou.

Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), il s'engagea dans le mouvement de résis­tance Vengeance, groupe « Quand-Même ». Il participait à la réception des parachutages et fournissait des renseignements sur la zone côtière. Suite à une dénonciation, il fut arrêté, fin avril 1944 par le Kommando de Landerneau avec trois de ses compagnons (Joseph Le Velly, Jacques Guillou et Louis Kerhoas), puis emprisonné à Landerneau.

Reconnu Mort pour la France, il a été homologué interné résistant (DIR), des Forces Fran­çaises Combattantes au sein du groupe Quand-Même. Il était doublement médaillé de sauve­tage en mer. A titre posthume, Il a été décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze ainsi que de la médaille de la Résistance.

Ci-dessous la lettre émouvante écrite à ses parents le jour de son exécution :

Mes très Chers parents

Mon pauvre papa ma maman chérie. Quand vous recevrez ceci, tout sera fini, nous serons fusillés à trois heures, mes chers Camarades et moi, mais nous saurons mourir en bons Français.

Mon pauvre vieux Papa et ma pauvre Maman, je sais bien que vous en mourrez de chagrin, vous qui avez travaillé toute votre vie pour me faire un avenir, vous qui avez toujours été pour moi si tendres et si aimants, combien je regrette toutes les peines et les souffrances que je vous ai faites mes chers parents.

Pardonnez-moi ! pardon ! pardon ! je saurais mourir en Français et en Chrétien, nous allons avoir la visite d'un Prêtre.

Je suis fou à la pensée que vous allez recevoir ce mot, et je vous supplie de terminer votre vie le plus heureux pos­sible, abandonnez le magasin, et retirez-vous quelque part où vous oublirez ceci. Allez auprès de vos parents qui saurons vous faire oublier.

Mais surtout, surtout, ne faites rien pour attenter à vos jours. De la-haut je prierai pour vous, et un jour bien lointain j'espère que nous nous réunirons au ciel.

Dites à tous nos amis que nous sommes morts en chantant la Marseillaise, et que c'est pour notre beau pays de France que nous mourrons. Adieu ! Adieu ! mes bons parents, mon papa chéri et ma chère maman adorée.

Si vous le pouvez, prenez un enfant adoptif que vous rendrez heureux, et à qui vous léguerez ma fortune.

Consolez-vous entre familles de défunts. Et surtout, surtout, tombez dans l'oubli et vivez vos derniers jours le plus heureux que vous le pouvez. Encore une fois pardon pour tout le chagrin que je vous ai occasionné.

Je vous embrasse tendrement , mes chers pauvres parents. Faites-moi un dernier plaisir en me promettant d'oublier, et en vous faisant une petite vie tranquille, je vous aime tant, sous des dehors indifférents.

Votre max qui meurt pour une bonne cause.

Adieu ! Adieu ! et dans bien longtemps à l'éternité

Mes plus tendres baisers

Max

Vive la France

Réclamez mon argent et mes habits ; Embrassez bien toute la petite famille pour moi et un dernier baiser pour la petite Thérèse que j'ai tant aimé

Sources : site MAITRON (Biger Brewalan, René-Pierre Sudre) - Docs Renan Clorennec


GUILLOU Jacques

Jacques Maurice Guillou, appelé habituellement Maurice, est né le 4 avril 1924 à Plabennec (Finistère), fils de Jean-Louis Guillou, gendarme à pied, et de Marie Anne Guillerm. Maurice Guillou entra à l'école des apprentis de la Marine nationale, le 4 avril 1940. À la sortie de l'école, il s'engagea pour cinq ans le 1er juillet 1941 et passa matelot-commis le 1er janvier 1942. Il fut mis en congé d'armistice le 1er mai 1943, et renvoyé dans ses foyers.

À partir du 1er février 1944, il fait partie du groupe de Résistance « Vengeance », groupe Bodénan. Le 28 avril 1944, il est arrêté au Faou (Finistère), à la suite d'une dénonciation.

Maurice Guillou fut interrogé et torturé dans les locaux du Kommando à Landerneau, où il resta jusqu'au 1er mai. Il fut ensuite envoyé à la prison de Pontaniou à Brest, puis transféré, le 9 mai, à la prison Saint-Charles à Quimper, où il resta jusqu'à son exécution.

Maurice Guillou fut déclaré « Mort pour la France », homologué FFI sergent, élevé sous-lieute­nant à titre posthume, FFC au sein du groupe Quand-Même, et Interné-résistant (DIR). Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur, décoré de la Croix de Guerre avec étoiles de bronze et de vermeil ainsi que de la médaille de la Résistance.

Sources : site MAITRON - Docs Renan Clorennec


KERHOAS Louis

François Louis Kerhoas, dit P'tit Louis, est né le 1er décembre 1919 au Faou (Finistère), fils de François Kerhoas et de Anne Marie Guéret, bouchers. François Louis Kerhoas travaillait comme boucher au Faou. Marié le 10 avril 1944 avec Jeanne Yvette Guillou, il entra dans le mouvement de résistance Vengeance.

En février 1944, après le premier parachutage d'armes et de munitions, suite à une dénon­ciation, François Louis Kerhoas fut capturé par la Kommando de landerneau le 26 avril 1944, Reconnu Mort pour la France,

il a été homologué FFI, sous-lieutenant FFC au titre du groupe Quand-Même (reconnu par le BCRA), et interné résistant (DIR). À titre posthume, Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur, décoré de la Croix de Guerre avec étoiles de bronze et de vermeil ainsi que de la médaille de la Résistance.

Lettre écrite à son épouse Jeanne(tte) 3 heures avant d'être fusillé le 15 mai 1944.

Ma Chère Nénette,

Je vais t'apprendre une triste nouvelle mon amour, à 13 heures je ne serais plus, je serais mort avec mes camarades pour mon pays.

Ma chérie, comme tu vois je ne tremble pas, je saurais mourir comme j'ai vécu en pensant à Toi et à ma mère. Tu diras à Maman et à Papa que j'aurais beaucoup pensé à eux. Vois-tu ma Nénette je t'aime beaucoup ! Quand je serai dans l'autre monde, je veillerai sur Toi. Tu es jeune mon Amour, il faudra te remarier quand tu auras trouvé l'homme capable de t'aimer de te comprendre comme je t'aime moi-même.

Tâche seulement de garder mon souvenir au fonds de ton coeur et si tu as le bonheur d'avoir des enfants dis leur mon idéal et mon Amour pour Toi mon Amour.

Il faudra que tu donnes du courage à ma mère et à Papa. Je compte sur Toi pour leur dire toutes mes pensées, ma Chérie. Je mets mon alliance dans ma lettre tu la conserveras en souvenir de moi.

Je mourrais avec ton Image sur mon coeur et la Marseillaise à la bouche. Surtout ne crois pas que je regrette ce que j'ai fait. Je n'ai seulement à regretter de te laisser veuve et Papa et Maman sans fils heureusement qu'ils trouveront un autre près de Georges qui je pense ferai avec Mimi….

Nous allons tous communier ensemble. Baisers, baisers, baisers.

Sources : site MAITRON et Livre de Pierre Douguet 17 ans résistant - Doc Renan Clorennec


LE VELLY Joseph

Joseph Marie Le Velly est né le 6 novembre 1904 à Plabennec (Finistère), fils d'Yves Le Velly, homme d'équipe à la compagnie des chemins de fer départementaux du Finistère, et de Ma­rie-Olive Sequin. Joseph était garagiste au Faou, marié le 28 août 1932 à Milizac (Finistère) avec Marie Victorine Kersimon. Il était père d'un enfant.

Il appartenait au réseau Vengeance avec Maxime Dubois depuis septembre 1943. Il a été nom­mé Sous-lieutenant le 1er mai 1944.

Arrêté le 26 avril 1944 (le 23 avril selon le DAVCC) par le Kommando de Landerneau, lors d'une opération consécutive au parachutage d'armes dont une partie était entreposée à son domicile, il fut emprisonné à Landerneau jusqu'au 29 avril puis incarcéré à la prison de Brest jusqu'au 10 mai 1944, avant de rejoindre la prison de Quimper.

Joseph Le Velly fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Quimper le 15 mai 1944 pour « activité de Franc-Tireur ».

Il a été reconnu Mort pour la France et interné résistant (DIR) au titre des FFC du groupe Quand-Même. À titre pos­thume, Il a été décoré de la Croix de Guerre avec étoiles de bronze et de vermeil ainsi que de la médaille de la Ré­sistance.

Sources : site MAITRON. Docs Renan Clorennec


BROSSET DE LA CHAUX Jean

Jean Ernest Marie Brosset de la Chaux est né le 9 février 1895 à Lescoat en Crozon (Fi­nistère), fils de Henri Brosset de la Chaux, lieutenant de vaisseau, et de Marie Modeste Le Bastard de Mesmeur. Jean Brosset de la Chaux était cultivateur. À 49 ans, c'était le plus âgé des 17 fusillés.

N'ayant personne à sa charge, il se sentit libre pour rejoindre la Résistance. Il concrétisa son engagement en se ralliant au groupe « Vengeance » basé au Faou. Il accepta de cacher dans son château de Keronnec plusieurs tonnes d'armes larguées par des avions anglais. Il fut arrêté par le Kommando de Landerneau pour ses activités de résistant, et particulière­ment dans le cadre d'une récupération de parachutage.

Comme ses cinq autres camarades, il fut condamné à mort par le tribunal allemand de Quimper le 15 mai 1944. Son corps repose dans le cimetière de Landevennec.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Rosnoën et sur le monument aux 17 fu­sillés de la Pointe de Mousterlin.

Sources : site MAITRON (Biger Brewalan, René-Pierre Sudre) et livre de Pierre Douguet 17 ans Résistantans résista

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LE GROUPE ABALAIN FTP DE QUIMERC'H

Le groupe ABALAIN FTP, actif à Quimerc'h (Finistère), était une formation de la Résistance durant l'occupation alle­mande. Rattaché aux Francs-Tireurs et Partisans, il rassemblait des militants communistes ainsi que des résistants locaux. Ses actions étaient sensiblement les mêmes que celles du réseau Vengeance. Structuré en cellules et dispo­sant de caches d'armes, il s'appuyait sur un vaste réseau de soutien local. Comme nombre d'unités de la Résistance, il fut frappé par les arrestations, la violence, la torture et la déportation.

En 1944, ses opérations contribuèrent à la libération du secteur et à la sécurisation des routes et des communications. Le groupe renforça également le réseau Vengeance pour la récupération du parachutage d'armes évoqué plus haut.

SOURCES : ANACR comité du Finistère


GUÉGUEN Roger

Roger Pierre Jacques Guéguen est né le 1er septembre 1924 à Vernouillet (Seine-et-Oise), fils d'Yves Guéguen, menuisier, et de Marie Anne Billant.

Roger Guéguen travaillait comme soudeur-ajusteur au bourg de Quimerc'h. Célibataire, il s'occu­pait de sa mère. Il s'engagea dans la Résistance, dans le mouvement Vengeance basé au Faou, puis dans le groupe ABALAIN de Quimerc'h.

Le 27 avril 1944, il fut capturé par le Kommando de Landerneau, soupçonné d'avoir participé à la réception de parachutage et de transport d'armes.

Interné à la prison de Landerneau, à la prison Pontaniou de Brest, il fut transféré à la prison Saint-Charles de Quimper.

Il fut, pour ses activités de résistant, condamné à mort par le tribunal allemand FK 752 à Quimper, le 15 mai 1944.

Reconnu Mort pour la France, il a été homologué Interné résistant (DIR) et FFI. À titre posthume, Il a été décoré de la

médaille de la Résistance.

Lettre écrite à sa maman le jour de la fusillade :

Quimper, le 15 mai 1944.

Ma Chère Maman,

Je t'envoie ma dernière lettre quelque temps avant ma mort.

Je suis resté en très bonne santé jusqu'ici. Je pense lorsque tu la recevras, ça ne te fera pas trop souffrir, car moi, je vais mourir en bon Français. C'est triste, je le sais, mais je n'ai pas réfléchi lorsque j'ai fait cela. Tâche d'être très dure en apprenant cette nouvelle.

Je ne suis pas le seul : 15 camarades sont dans mon cas.

Tâche de faire des heureux avec tous mes habits que j'ai à la maison. Sois heureuse toute seule, car quand je pense à tout cela, c'est très triste.

Ma chère Maman, je pense que plus tard, on se reverra dans un autre monde. Je ne vois plus grand chose pour te faire souffrir. Embrasse bien tout le monde de ma part. Si Papa eut été sur la terre à cette heure-ci, il m'aurait compris. Plus tard, tu pourras parler de moi, car pour ce que j'ai fait, c'est rien. J'ai remis ma bague à M. l'abbé Pichon et sans doute tu l'auras. Si tu veux lui parler, va le voir à Saint-Corentin, il pourra te dire le moral qu'on a tous réussi à tenir. 

C'est très triste pour toi seule sur la terre.

Je ne veux pas te faire plus de misère, et je te laisse en t'embrassant bien fort jusqu'à la mort.

VIVE LA FRANCE !

ROGER

Sources : site MAITRON. Docs Renan Clorennec


LE FOLL Jean

Jean François Le Foll est né le 12 février 1925 à Scrignac (Finistère). Il était étudiant, célibataire, domicilié à Quimerc'h près de Pont-de-Buis. Jean Le Foll, résistant FTPF depuis septembre 1942, appartenait au bataillon René Caro de Quimerc'h en relation avec le groupe Albert Aba­lain. Proche de Jean-Pierre Le Rest, il avait selon Eugène Kerbaul, rejoint les structures du Parti communiste clandestin du centre-Bretagne.

Il participa à un incendie au phosphore de réserves allemandes en mai 1943, ainsi qu'à l'attaque d'un dépôt de munitions en octobre 1943.

Arrêté le 27 avril 1944 par le Kommando de Landerneau à son domicile, Jean Le Foll est trans­féré à la prison Pontaniou de Brest puis à la prison Saint-Charles de Quimper. Il fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Quimper (FK 752 Quimper) le 15 mai 1944 pour « activité de Franc-Tireur ».

Reconnu Mort pour la France, il a été homologué FFI comme sous-lieutenant et interné-résistant (DIR). À titre pos­thume, Il a été décoré de la médaille de la Résistance.

Sources : site MAITRON. Docs Renan Clorennec et Gildas Priol. Photo source famille Even 2021.



LE MAQUIS DE PEN-AR-PONT BEUZIT KERALIOU

Le maquis de Pen-Ar-Pont est le 2e maquis de Bretagne par sa date de création. Il fut formé le 12 octobre 1943.

En effet, début octobre 1943, Yves Autret, de Pont-de-Buis, 20 ans, capitaine Pierre chez les FTPF, responsable départe­mental des Jeunesses, se voit chargé de la protection de trois Belges évadés de leur camp de la TODT à Brest : Gustave De Neve, Théophile Mertens et Roger Elaut.

Depuis septembre 1943, le Front patriotique de la Jeunesse est à la recherche d'abris et d'emplois dans les fermes des en­virons de Châteaulin pour de jeunes réfractaires au STO. Yves Autret confie les trois Belges au responsable de ce Front, Au­guste Le Guillou.

C'est ainsi que se crée, le long de l'Aulne, le maquis dit de Pen-ar-Pont-Beuzit-Keraliou, noms des différentes caches qu'il occupera. C'est un maquis FTP, le premier de Bretagne créé le 27 juillet 1943 à Kervigoudou en Saint-Goazec. Ces maquis se doivent d'être aussi mobiles et insaisissables qu'une goutte de mercure.

Aux trois Belges s'ajouteront d'autres évadés et des réfractaires au STO, soit un groupe d'une douzaine de maqui­sards. Depuis Châteaulin, les jeunes du Front national pour l'indépendance et la libération de la France, des FTP, des Forces unies de la Jeunesse patriotique s'unissent en un maquis qui sera abrité et alimenté par la population paysanne locale.

Les maquisards survivent à l'hiver, en dépit des coups très durs assénés à la Résistance tant par la police de Vichy que par l'occupant allemand.

Pendant que ce maquis participait à l'attaque prévue contre la prison de Mesgloaguen. Pen-ar-Pont fut encerclé par des centaines de soldats allemands. La cache était vide, à l'exception de Louis Gouillou qui assurait seul la garde. Il parvint à se dissimuler dans un arbre creux et échappa ainsi à la rafle.

La ferme de Jean Bauguion est fouillée toute la journée. Une souricière est tendue pendant trois jours, le camp est détruit, des papiers et un Lebel récupérés. Compromis par ces papiers, Auguste Le Guillou doit à son tour quitter Châteaulin et « prendre le maquis ». Les rescapés de Pen-ar-Pont trouvent asile dans la garenne près des fermes de Beuzit.

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1944, la Feldgendarmerie guidée par un indicateur, encercla le campement où se trou­vaient onze résistants du maquis de Pen-Ar-Pont, à Beuzit. Ils furent tous capturés.

SOURCES : ANACR comité du Finistère


DE NEVE Gustave

Gustave De Neve est né le 21 octobre 1921 à Lède en Belgique.

Résistant, il était membre des FTPF du maquis de Pen-ar-Pont-Beuzit-Keraliou.

Colporteur en Belgique, Gustave De Neve travailla pour l'organisation Todt. Il rejoignit le maquis de Pen-ar-Pont à Chateaulin (Finistère) à l'automne 1943. Il participa à diverses actions dont l'attaque de la prison Saint-Charles de Quimper (Finistère).

Arrêté le 26 avril 1944 par la Feldgendarmerie, il fut incarcéré à la prison de Saint-Charles à Quimper.

Gustave De Neve fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Quimper le 15 mai 1944 pour « activité de Franc-Tireur ».

SOURCES : ANACR comité du Finistère


FILATOW Nicolas

Nicolas Filatow est né le 12 décembre 1912 à Koursk en Russie.

Soldat enrôlé par la Wehrmacht, Nicolas Filatow déserta, avec son compatriote Philippe Pe­troschitzki, pour rejoindre le maquis de Beuzit-Keraliou en mars 1944. Arrêté le 26 avril 1944, pour ses activités de résistant, il fut condamné à mort par le tribunal allemand de Quimper le 15 mai 1944.

Une stèle commémorative a été érigée près de l'écluse de Pen-ar-Pont qui précise le lieu d'ori­gine du réseau (voir photo).

Le conseil municipal de Châteaulin lui a consacré une plaque commémorative en 2014.

Sources : site MAITRON


GOUILLOU Louis

Louis Gouillou est né le 11 octobre 1922 à Châteauneuf (Finistère), fils de François Gouillou, cultivateur, et de Marie Le Moigne.

Louis s'engagea aux Francs-tireurs et partisans et prit le maquis, plus précisément celui de Beu­zit-Keraliou sur la commune de Lothey. Il avait le grade de sergent. Le 25 avril 1944, Il fut capturé avec plusieurs de ses compagnons de route.

Pour ses activités de résistant, il fut condamné à mort par le tribunal allemand de Quimper le 15 mai 1944.

Reconnu Mort pour la France, il a été homologué FFI et Interné-résistant. À titre posthume, Il a été décoré de la médaille militaire et de la médaille de la Résistance.

Sources : site MAITRON


PETROSCHITZKI Philippe

Philippe Petroschitzki est né le 9 juin 1923 à Manopol (Union soviétique).

Russe, enrôlé dans la Wehrmacht, il déserta avec Nicolas Filatow, Philippe Pétroschitzki, rejoignit le maquis de Pen-ar-pont à Chateaulin (Finistère) en mars 1944. Il participa à diverses actions dont l'attaque de la prison Saint-Charles de Quimper.

Arrêté le 26 avril 1944 par la Feldgendarmerie, il fut incarcéré à la prison Saint-Charles.

Il fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Quimper le 15 mai 1944 pour « activité de Franc-Tireur ».

Sources : site MAITRON


LE CREN Robert

Robert Le Cren est né le 7 janvier 1925 à Paris. Il était boulanger. iI rejoignit le mouvement de résis­tance « Vengeance ».

Le 26 avril 1944, la Feldgendarmerie, guidée par un indicateur, localisa le campement de Beuzit-Ke­ralliou, commune de Lothey, où se trouvait Robert Le Cren et onze autres résistants. Il fut capturé avec plusieurs de ses compagnons. Pour ses activités de résistant, il fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand FK 752 de Quimper et fusillé le 15 mai 1944.

Reconnu Mort pour la France, il a été homologué FFI et interné-résistant (DIR). À titre posthume, Il a été décoré de la médaille de la Résistance.

Sources : site MAITRON. Docs Renan Clorennec.


LEVENEZ Charles

Charles Levenez est né le 28 mai 1923 à Crozon (Finistère). Il était peintre en bâtiment à Crozon. Réfractaire au Service du travail obligatoire (STO), il rejoignit la Résistance au sein des structures FTPF.

Arrêté le 26 avril 1944 avec ses camarades, il fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Quimper le 15 mai 1944 pour « actes de Franc-Tireur ».

Reconnu Mort pour la France, à titre posthume, il a été homologué FFI avec le grade d'aspirant et interné résistant (DIR).

Sources : site MAITRON (Alain Prigent, Serge Tilly). Docs Renan Clorennec


PENNEC Laurent

Laurent Pennec est né le 4 décembre 1921 à Valenton (Seine-et-Oise, Val-de-Marne).

Célibataire, Laurent Pennec travaillait comme ouvrier boulanger à Quimper (Finistère). Il rejoi­gnit la Résistance au sein des structures francs-tireurs et partisans français (FTPF).

En février 1944, il entra au maquis de Pen-ar-Pont à Beuzit (Finistère), au sein du groupe Mont­gomery. Il participa à plusieurs actions de sabotage sur les voies ferrées.

Arrêté le 25 avril 1944 par la Feldgendarmerie lors de l'encerclement de nuit du maquis, il fut condamné à mort par le tribunal militaire allemand FK 752 de Quimper le 15 mai 1944 pour « actes de Franc-Tireur ».

Reconnu Mort pour la France, il a été homologué FFI avec le grade de caporal-chef et interné résistant (DIR). A titre posthume, Il a été décoré de la Croix de Guerre avec étoile de bronze ainsi que de la médaille de la Résistance.

Sources : site MAITRON (Alain Prigent, Serge Tilly). Docs Renan Clorennec


Ont également été arrêtés au maquis de Pen-Ar-Pont le 26 avril, Théo Mertens, Marcel Milin, Yves Sizun, Joseph Le Du ainsi que François Le Baut venu les avertir. Trois résistants ont été arrêtés la veille, le 25 avril, à Quémé­néven : Jean Le Berre, René Pédel et Roger Elaut, un des trois belges. Leurs corps n'ont jamais été retrouvés

« Théo» Mertens, les coudes sur le guidon de la bicyclette, et Marcel Milin, le chef, les mains sur l'épaule de « Théo» Alain Masson et Camille Omnès.



LE RESEAU DU DOCTEUR PIERRE NICOLAS

(manoir du Moros - Keroulin Lesnevard)

Le réseau de résistance du docteur Pierre Nicolas, actif en 1943, faisait partie de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce réseau était impliqué dans des activités de renseignement, de sabotage et de soutien aux Alliés. Composé de membres divers, il opérait dans la clandestinité pour lutter contre l'occupation allemande.

Les réseaux de résistance, comme celui du docteur Pierre Nicolas, jouaient un rôle crucial en transmettant des infor­mations stratégiques mais aussi en aidant les évadés et les prisonniers de guerre. Leur contribution a été essentielle pour affaiblir les forces d'occupation et préparer le terrain pour les opérations alliées.

Le réseau du docteur Pierre Nicolas s'étendait comme une toile secrète autour du manoir du Moros. Dans les brumes de Keroulin, ses agents échangent des messages codés par des chemins oubliés. Lesnevard servait de relais discret pour installer des balises et rendez vous nocturnes. Le docteur Pierre Nicolas, silhouette taciturne, dirige les opéra­tions depuis une bibliothèque cachée. Le corridor du manoir dissimule une porte vers des souterrains aménagés en postes d'écoute.

BACCON Alexis

Alexis Jean Marie BACCON, né le 10 octobre 1920 à Beg-Meil travaillait avec son père à la boulangerie familiale de Beg-Meil.

Il avait 18 ans lorsque la guerre a éclaté. Le samedi 2 septembre 1939, quand la mobilisation générale a été déclarée, seuls les hommes de 20 à 48 ans furent mobilisés. La Bretagne se trouvait, à l'issue de cette défaite française, en zone occupée et, en tant que région maritime, fut particulièrement surveillée. Alexis a donc vu la commune de Fouesnant et la cale de Beg-Meil occupées par les Allemands dès juin 1940.

A l'automne, une zone côtière interdite a été instaurée nécessitant une autorisation spéciale pour circuler. Cette zone côtière interdite a été élargie en 1942 et les contrôles renforcés à l'approche du débarquement.

À l'instauration du STO par une loi de septembre 1942, et afin de répondre aux exigences allemandes de main d'oeuvre, les jeunes gens ont été incités à aller travailler en Allemagne. L'échec de « la relève » et la faiblesse des résultats conduisirent à l'instauration d'une nouvelle loi en 1943 et le recrutement s'est fait sur une nouvelle classe d'âge, à savoir les jeunes nés entre 1920 et 1922. Les premiers groupes de résistants se sont formés dans la région et ont été constitués de jeunes gens qui ont refusé de partir au STO et qui se sont réfugiés dans les campagnes.

En 1942, le Dr Nicolas de Concarneau, qui était déjà en contact avec le mouvement de libération de Quimper, a entrepris de fonder un groupe à Concarneau. De nombreuses adhésions ont été obtenues dans toute la région, de Névez à Beg-Meil. Alexis adhère à ce mouvement.

Des actions ont été menées ponctuellement avec les jeunes résistants habitant encore dans leur famille. Mais cet engagement dans la Résis­tance le mettait dans une position périlleuse, bien sûr, en impliquant indirectement la famille. D'autant plus qu'il y avait à Beg Meil un poste militaire allemand situé à la cale et que le sémaphore de Beg-Meil était un site stratégique. Pour cette raison, le Maréchal Rommel lui-même, commandant en chef du front de l'Ouest, ainsi que le Maréchal Keitel, vinrent inspecter cette zone. Surtout, à partir de 1944, les Allemands redoutaient cette résistance qui prenait chaque jour plus d'importance. Le Dr Nicolas conseilla aux jeunes de ne plus dormir chez eux. Dès que la nouvelle du débarquement en Normandie, le 6 juin 1944, a été connue, d'autres jeunes ont gagné le maquis et le groupe Libération de Concarneau. Ce groupe organisait le sabotage des lignes télépho­niques aériennes et souterraines. Pour échapper à la pression allemande, ils se déplaçaient souvent du manoir du Moros au lieu-dit Kéroulin Lesnevar.

Le jeune Alexis Baccon y est arrêté le 19 juin 1944 alors qu'il était en pos­session d'un révolver chargé.

Suite à son arrestation, les Allemands vont faire cheminer le jeune Alexis dans les rues de Concarneau afin de donner à réfléchir à la population. Puis il sera emmené à Quimper à la prison Saint-Charles pour y être interrogé et torturé. Alexis gardera le silence et par son sacrifice sauvera la vie de ses camarades résistants. Puis il sera fusillé à Mousterlin, quelques semaines plus tard, le 23 juillet 1944, à 23 ans.

Il a été reconnu Mort pour la France et homologué interné résistant. A titre posthume, Il a été décoré de la médaille de la Résistance.urces : Anne Michel