Quimper

29000

Comité du Souvenir Français de Quimper

Président du comité : Alexandre Volant

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24 novembre 2020

À Quimper, un monument aux morts inconnu depuis 1924

Le Télégramme: Publié le 23 novembre 2020

Sur ce monument, 216 noms sont inscrits, ceux d'instituteurs et normaliens du Finistère morts pour la France au cours des deux guerres mondiales. Les noms de cinq femmes également. (Le Télégramme/Pauline Le Morlec)

Derrière la grille, le monument hommage aux instituteurs du Finistère morts pour la France. (Le Télégramme/Pauline Le Morlec)

Au 8, rue Bertrand-de-Rosmadec, se trouve le monument aux instituteurs du Finistère morts pour la France, dans les anciens locaux de l'Inspe. (Le Télégramme/Pauline Le Morlec)

Il n'a jamais été inauguré. De ce fait, la plupart des Quimpérois ignorent l'existence de ce monument aux instituteurs du Finistère morts pour la France. Il n'est connu que de ceux qui ont fréquenté l'école normale de la rue Rosmadec, où il est « orphelin ».

Caché derrière la grille, dans une rue à l'écart du centre-ville, il est à peine visible des passants. Pourtant, il est là, érigé depuis 1924. Il a trouvé sa juste place dans la cour d'honneur des anciens locaux de l'Institut national supérieur du professorat et de l'éducation (Inspe), au 8, rue de Rosmadec.

Ce monument rend hommage aux instituteurs et normaliens du Finistère morts pour la France au cours des deux guerres mondiales. « Ça faisait partie de notre décor d'élèves. Il y avait un respect pour ce monument », se souvient François Lahrer, ancien élève de l'école normale des garçons de Quimper et président de l'Association pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine normalien du Finistère.

Cette association s'est créée il y a quatre ans et cherche, depuis, à sortir ce monument de son anonymat. Jamais inauguré, il n'est pas non plus connu et reconnu comme monument aux morts. Son inauguration était programmée en 1924 jusqu'à un conflit au sein du comité d'organisation. « Personne n'a jamais pris l'initiative de relancer cette inauguration ou de la repenser dans un autre contexte », précise François Larher.

Cinq noms de femmes inscrits Sur ce monument, 216 noms sont inscrits. D'abord les 169 de la Grande Guerre (1914-1918), morts au front. Après la Seconde Guerre mondiale, celle de 1939-1945, 47 noms y ont été ajoutés. Ceux des prisonniers, des fusillés, des morts pour faits de Résistance. Et ceux de cinq femmes. Des institutrices, certaines déjà mères de futurs instituteurs, fusillées pour faits de Résistance. Ces noms entourent une sculpture d'Armel Beaufils dont des œuvres sont exposées au Musée départemental breton. Ce monument avait été financé grâce à une souscription publique.

Depuis le déménagement de l'Inspe au Pôle universitaire Pierre-Jakez Hélias des locaux, le monument se retrouve « orphelin », selon le président de l'ASVPNF. « Il n'y a plus d'étudiants, plus de personnel. Le monument est tout seul. Il évolue au fil du temps et des saisons. Dans le mauvais sens ». Les fleurs déposées pour commémorer le 11-Novembre fanent. Et il n'y aura personne pour les retirer.

Que va devenir ce monument ? Pour le moment l'association n'en sait rien. Elle ambitionne de le réhabiliter. Qu'il devienne un monument aux morts officiel. Les membres de l'ASVPNF souhaitent le rendre accessible au public. Et pourquoi pas, que la cour où il se trouve devienne un square. Mais d'autres projets sont prévus pour ce site. Il appartient toujours au Département et sera vendu. Il pourrait accueillir la gendarmerie qui souhaite déménager. L'Opac de Quimper-Cornouaille a fait une proposition d'achat au conseil départemental. Seule certitude : le monument ne sera pas déplacé.


11 novembre 2020

Des commémorations du 11 novembre « nécessaires dans ce contexte difficile »

Les cérémonies commémoratives du 102e anniversaire de l'Armistice de 1918 se sont déroulées ce mercredi 11 novembre 2020 en comité restreint à Quimper (Finistère), comme dans l'ensemble du département.

Ouest France - Léa Esmery Publié le 11/11/2020

Confinement oblige, la cérémonie de commémoration de l'Armistice de 1918 a eu lieu en comité restreint ce mercredi 11 novembre 2020, à 11 h, à Quimper (Finistère). « Dans ce contexte difficile, il est nécessaire d'avoir ces cérémonies », souligne Isabelle Assih, maire de la Ville. « Je n'ai qu'un seul petit regret, que les scolaires n'aient pas pu y être associés cette année. »

Hommage à tous les militaires morts pour la France

La cérémonie s'est tout de même déroulée en présence des porte-drapeaux représentant les associations patriotiques, et des élus. Plusieurs militaires de l'opération Sentinelle étaient déployés aux abords de l'esplanade François-Mitterrand pour sécuriser les lieux. « Aujourd'hui, on rend aussi hommage à tous les militaires morts pour la France, explique le capitaine de frégate Stanislas-Xavier Azzis. Symboliquement c'est toujours aussi fort, c'est une manière pour notre nation de dire que l'on ne fléchira pas. »

Pour Tiphaine Demairy, porte-drapeau de la légion d'honneur du Finistère-Sud, l'essentiel était « que l'on maintienne cette cérémonie. » Ces commémorations marquées par le centenaire de l'inhumation du Soldat inconnu sous l'Arc de Triomphe et par l'entrée au Panthéon de l'écrivain Maurice Genevoix sont « particulières certes mais avec toujours autant d'émotion, car il faut se souvenir de nos poilus », conclut le préfet du Finistère, Philippe Mahé.


21 juillet 2019 Quimper

Cérémonie départementale commémorant la journée nationale à la mémoire des victimes de crimes racistes et antisémites de l'Etat français et d'hommage aux Justes de France.

Allocution de Monsieur Philippe Doucet-Azoulay

« Qui sauve une vie, sauve l'humanité toute entière ! » nous apprennent nos sages'

Nous avons le devoir de protéger la vie,de valoriser l'humanité'

Nous nous devons aussi de témoigner obstinément pour ceux dont il ne reste que le nom et les cendres, pour ceux aussi sans qui l'humanité aurait perdu tout honneur : les justes. Des centaines de rescapés anonymes de la Shoah sont décédés ces dernières années. Un à un s'éteignent les grands témoins de cette tragédie : Elie Wiesel' Claude Lanzmann ou encore Simone Veil et son amie Marceline Loridan-lvens. Leur voix se sont tues mais demeurent leur témoignage et leurs exemples comme preuve tangible et obstinée que l'horrible s'est produit.

La Torah nous fait l'injonction de nous souvenir et dans nos prières revient régulièrement le mot zakhor : « souviens-toi ».

- Je veux que l'on se souvienne de Marc Bloch, très grand historien français' ancien

combattant de la Première Guerre Mondiale, arrêté, torturé puis exécuté par la Gestapo le

16 juin 1944.

- Je veux que l'on se souvienne de Jean Zay, ancien grand Ministre de l'Education nationale assassiné par la Milice le 20 juin 1944.

- Je veux que l'on se souvienne de Georges Mandel, chef de cabinet de clemenceau durant la première Guerre Mondiale et résistant, fusillé le 7 juillet 1944 par des miliciens.

- Je veux que l'on se souvienne de Max Jacob, Poète bien connu des Quimpérois' mort le 5 mars 1944 au camp de Drancy, 5 jours avant sa déportation programmée pour Auschwitz'

Comme la grande majorité des Juifs français, ces figures illustres refusaient de croire que la Patrie des Droits de l'Homme les abandonnerait à la haine antisémite. Qui aurait pu croire que la France raflerait les juifs - femmes' hommes' enfants' vieillards'. invalides, pour les enfermer sans eau, ni nourriture ni soin en pleine canicule dans le vélodrome d'hiver avant de les conduire dans des fourgons à bestiaux dans les chambres a gaz des camps de la mort ?

Des juifs pourtant eurent la chance de bénéficier de l'aide de non Juifs qui, au risque de leurs vies, les sauvèrent. Certains étaient leurs amis, leurs voisins, leurs concierges, leurs boulangers, leurs curés ou de simples anonymes... Ces Justes considèrent aujourd'hui encore, avec beaucoup d'humillté, que leurs actes n'avaient rien d'héroïques, qu'ils étaient simplement ... humains.

La Bretagne n'a pas été en reste durant ces heures sombres ! Car un grand nombre de Bretons ont été, dans ces années terribles, des héros ordinaires en protégeant des familles juives traquées par le régime de Vichy !

- Anne Beaumanoir, était humaine. Agée de 19 ans à peine et avec l'aide de ses parents, Marthe et Jean, ils hébergeront secrètement à Dinan deux enfants et ainsi, ieur sauveront la vie. L'Etat d'lsraël leur a décerné, en 1996, la plus haute distinction civile : le titre de Juste parmi les Nations.

« Juste parmi les nations » désigne dans la tradition rabbinique les non-Juifs ayant au mépris du danger et au péril de leur vie, su garder une attitude irréprochable à l'égard des Juifs unanimement détestés et persécutés à travers l'Europe. Et ce, dès l'époque médiévale, dès les Croisades et jusqu'à nos jours.

lls ont été désignés comme « Justes parmi les Nations » :

- Anne Marie Orveillon, de Jugon-les-Lacs.

- Francine Girot et Césarine Le Floc'h de Rostrenen.

- Elisa et Marie Josse, deux sceurs jumelles de Saint Brieuc'

- François Le Lay ainsi que Guillaume et Marie Le Quéré de Trémel.

- Angèle Breton de Fougères.

- Marie-Louise Charpentier de Rennes.

- Augustine Le May de Buléon.

- Charles et Marie Guy de Pluméliau.

Le 16 juillet 1995, pour la première fois, le Président de la République Jacques Chirac reconnait la responsabilité de la France dans la persécution des Juifs et l'héro'isme des Justes. Mais il faut attendre 2007, pour que la Patrie reconnaissante fasse entrer des Justes au Panthéon parce qu'ils sont la France et ont incarné son honneur.

Ce long processus de reconnaissance des Justes, qui vise à réveiller les consciences et à secouer l'indifférence pose néanmoins une question : L'action des héros d'aujourd'hui est-elle aussi exemplaire que celle desJustes d'hier ?

Les historiens savent que dans leur discipline, comparaison n'est pas raison. Ce ne sont plus les totalitarismes de droite et de gauche qui tuent aujourd'hui mais bien le terrorisme islamiste radical. La majorité des Juifs vivent aujourd'hui en lsraêl et c'est au nom de l'antisionisme, un antisémitisme politisé qui n'avoue pas son nom, que l'on assassine en France des petits enfants juifs et des grands-mères juives.

En 2007, le Président Jacques Chirac déclarait au Panthéon : « Si l'on transige avec l'extrémisme, il faut bien le mesurer, on lui offre un terreau pour prospérer, et tôt ou tard on en paye le prix (...) Face à l'extrérnisme, il n'y a qu'une ottitude : le refus, l'intransigeance.»

En 2017, aux côtés du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou pour la 75ème  commémoration de la rafle du Vel d'Hiv, le Président de la République Emmanuel Macron affirmait que I'antisionisme « est la forme réinventée de l'antisémitisme (...) Ce sont toutes ces haines qui se fondent sur ce que l'on est, sur d'ou l'on vient, sur ce que l'on croit que nous devons combattre. »

Ce combat, cette attitude de refus attendent toujours leur loi sur la pénalisation de la haine  antisémite et antisloniste, parmitoutes les autres haines. Son enjeu rejoint la nature du combat des Justes : sauver des vies, nos vies, notre humanité commune. Car le combat des Justes d'hier doit être pour nos contemporains une inépuisable source d'inspiration et d'admiration.

C'est pourquoi il ne faut pas les oublier et continuer à les célébrer. Car comme le dit si justement Elie Wiesel : « Qui ignore son histoire est condamné à la revivre ». C'est l'indifférence qui aujourd'hui comme hier assassine. En détournant les yeux, nous sommes coresponsables des tragédies qui s'abattent sur nos frères humains.

Ce qui était vrai dans les années 1940 en France l'est également aujourd'hui. Si l'éducation est fondamentale, si la prévention doit se faire sur les bancs de l'école, les familles, les associations, les artistes et relais d'opinion mais aussi le milieu professionnel sont concernés dans cette lutte en faveur de l'humanité, pour la vie de chacun. Ce combat est le nôtre à tous, au nom, et pour notre humanité.

N'oublions jamais que: « Un peu de lumière chasse beaucoup d'obscurité ! »

Quimper, 21 juillet 2019

25 mai 2019 Quimper 

Remise des prix du concours national de la Résistance et de la Déportation 


11 novembre 2019 Quimper